
Rosée de Jasmin
L'enfleurage du thé
Le jasmin ne s'ouvre pas au grand jour. Au crépuscule, les bourgeons demeurent clos. La nuit les appelle.
Le parfum naît alors, discret, presque suspendu - une fraîcheur de brume, une clarté de lune.
Les fleurs sont cueillies à cet instant précis. Avant l'épanouissement, au seuil du parfum.
La rosée encore aux doigts, le geste est simple, répété, essentiel. Le thé attend.
L'enfleurage commence. Fleurs et feuilles sont réunies, puis séparées. Encore et encore.
Pendant des heures, la matière se transforme sans se montrer.

Des milliers de fleurs. Aucune ne reste.
Le parfum entre dans le thé, sans trace visible, sans surcharge. Seulement une présence.
C'est un équilibre. Trop de fleur, et le parfum devient lourd. Trop de thé, et tout disparaît.
Alors on veille. On ajuste. On laisse le temps faire.
L'infusion révèle ce travail invisible. Une liqueur claire. Un parfum léger, jamais envahissant.
En bouche : fraîcheur, douceur, netteté. Puis une sensation calme, qui s'installe. Comme un air de printemps, retenu.
Rosée de Jasmin. Un thé où la fleur n'apparaît plus, mais demeure.